> La Commune

Caractéristiques physiques

Relief, sols et végétation   

Le relief de la commune est en général peu accidenté. Il est dominé par un plateau uniforme bordé par une légère pente en direction du lit du fleuve Zou. Cependant, on observe dans les arrondissements de Kpakpamè et d’Allahé de légères sur-élévations avec quelques affleurements rocheux.

Trois types de sols sont rencontrés dans la commune de Za-Kpota. Il s’agit des 

-sols ferralitiques communément appelés terres de barre, pauvres en matières organiques et en minéraux à cause de leur longue utilisation

-sols ferrugineux tropicaux, mais moins pauvres, très peu profonds du fait des affleurements concrétionnés.

-sols hydromorphes encore riches et propices à la production agricole qui sont rencontrés dans les dépressions et les bas-fonds.

La végétation

La végétation originelle, une forêt claire, a été fortement détruite du fait de la forte poussée démographique. Cette végétation est quasiment remplacée aujourd’hui par des habitations et des champs de cultures et des agrumes sur les terres de plateau alors que les terres de bas-fonds et autour des cours d’eau gardent encore quelques reliques. Le couvert végétal se trouve présentement dominé une palmeraie artificielle. La végétation naturelle ou spontanée est dominée par l’espèce appelée en Fon  « Zaman », suivie de Azadiracta indica. On note la présence, tant dans la strate arbustive que dans la strate herbacée, de quelques espèces médicinales telles que « Agatoun » dont les feuilles sont utilisées contre les brûlures et les plaies, « ganganlissè » dont les feuilles sont utilisées contre les maux de dents et pour la régénération du sang,   appelée en fon « Kosso » dont les écorces contribuent à la régénération du sang.

Climat et hydrographie   

La commune de Za-Kpota , située au centre  du département du Zou, est influencée et dominé par le climat sub-équatorial caractérisé par :

- deux saisons de pluies, une grande de mi-mars à mi-Juillet et une petite de Septembre à Novembre

- deux saisons sèches dont la grande s’étale sur Décembre à Mars et la petite couvre la deuxième moitié de Juillet et le mois d’Août.

  La moyenne pluviométrique annuelle est de 980 mm avec de fortes fluctuations inter-annelles au cours des 40 dernières années (voir graphique ci-dessous), source d’incertitudes et d’aléas climatiques pour la localité.

La figure N° 1 présente l’évolution des hauteurs pluviométriques de 1967 à 2001 dans la commune de Za-Kpota.


Source : CARDER ZOU/COLLINES, Secteur Zagnanado, 2002

La température varie entre 24 et 34° avec de moyennes amplitudes thermiques. Les mois de janvier et février constituent les mois les plus chaux tandis qu’entre juin et juillet, il fait plus froid.

La commune de Za-Kpota est arrosé par plusieurs cours d’eau dominés par le fleuve Zou. Celui sert de limite de la commune avec les communes de Covè et de Zagnanado. Il reçoit, directement ou indirectement, les eaux de plusieurs rivières comme Toga, Dètè, Hla, Gbadaya, Za-gbo, Vlô.

Caractéristiques humaines

Elles concernent l’historique de la population de Za-Kpota, les différents groupes ethniques rencontrés, ses caractéristiques socio-économiques et ses activités économiques.

Vers 1645, peu avant l’arrivée du roi Houégbadja à « Guédévi », un chasseur nommé Adiko venu de la zone appelée aujourd’hui Abomey  à la recherche de gibiers, se serait installé avec sa famille sur le territoire de l’actuel Za-Kpota dans le village aujourd’hui nommé Adikogon. Par la suite, un certain Dagba, aussi chasseur d’ « Abomey », pourchassé par les siens, serait venu vers Adiko et lui aurait demandé  d’asile. Ce dernier aurait accepté et l’aurait installé à coté de lui. Poursuivant ses activités de chasse dans les brousses environnantes, Dagba aurait découvert une zone de la brousse (nommée plus tard « Kékéré » par un Yorouba), qui serait propice à la chasse. Il aurait décidé de s’y installer désormais. Peu après, leur frère Daka, se serait aussi installé dans la zone nommée aujourd’hui  « Za-Zounmè », de l’autre côté de la rive. Plus tard, un ami de Daka du nom d’Aïtchi, qui serait un sculpteur venant de la zone nommée aujourd’hui Bohicon  (Hêzonho) l’aurait rejoint dans le but d’associer les travaux champêtres à son activité principale. L’oracle de Aïtchi lui aurait interdit la cohabitation avec les singes qui seraient nombreux à l’époque autour de la maison de Daka. Ils auraient alors décidé ensemble qu’il s’éloigne pour s’installer sur une montée immédiate (Kpota). Daka aurait dit à son ami : « Za kpo o ta bo non fi nin», ce qui traduit veut dire «Balaie la montée et réside là » ; d’où le nom Za-Kpota donné aujourd’hui à toute la commune. Le vodoun (Za)  appelé « za vodoun » qui aurait consacré l’installation d’Aïtchi dans le milieu disposerait, selon nos interlocuteurs, d’un balaie à sa devanture, devanture qui serait toujours sans que personne ne la balaie. Ainsi, Adikogon serait alors le village origine, le début de la population de Za-Kpota et  les « Aïtchi » sont les premiers occupants de Za-Kpota-centre.

Pendant longtemps par le passé, cette zone aurait servi de réservoir d’alimentation au royaume d’ « Abomey » sous l’autorité  duquel elle était. Avec l’avènement de l’administration coloniale et après les indépendances, elle aurait été couverte par l’administration territoriale de Bohicon. Depuis 1978,  Za-kpota est devenu un district, ensuite une Sous-préfecture avec le renouveau démocratique en 1990. Avec le nouveau découpage administratif, elle est devenue la commune de Za-Kpota et s’étend sur environ 600 km2 occupée aujourd’hui par 87.076 habitants. Originairement fon, la commune héberge aussi aujourd’hui quelques mahis, yorouba et Dendis, qui ont migré petit à petit et se sont installés sur le territoire.

Le tableau suivant  résume quelques événements qui ont marqué  la vie de la communauté de Za-Kpota.

Evènements

Période / référence

Manifestations

Groupes touchés

La suppression de la ligne ferroviaire (Bohicon –Zakpota Covè)

Vers 1952

Absence de voies ferroviaires liant Zangnanado Covè –Zakpota,

Les commerçants et les habitants de Za, La population de  Bohicon

Installation du premier centre de santé à Za-tanta et Adikogon

Vers 1970

Réalisation d’un bâtiment abritant le centre de santé

La population

Installation de la ferme agrumicole de SONAFEL

Vers 1972

Grande joie les agriculteurs ; Apprentissage des techniques de production des agrumes

Agriculteurs et ouvriers agricoles

Installation de l’usine d’Allahé

1974

Grande joie les agriculteurs en général ;  accroissement de la production d’agrumes

Agriculteurs, en l’occurrence les producteurs d’agrumes

Arrêt de l’usine

1975

Déception des producteurs d’agrumes

Découragement de certains nouveaux producteurs

Agriculteurs, en l’occurrence les producteurs d’agrumes

Création du district de Zakpota 

1978

La prise de décret et l’installation des infrastructures administratives

La population de Za-Kpota

Installation du Centre d’Accueil et de Formation des jeunes filles de Za-kpota

1982

Formation de plusieurs jeunes filles en couture,  tricotage, enseignement ménager et en alphabétisation ;  Réduction du mariage forcé

Jeunes filles de la commune de Za-Kpota

Mise en marche des pompes de forage à Kpakpamè et Agbakou et autres

1998

Installation des pompes qui alimentent en eau la population de ces localités

La population des localités touchées

Assassinat par lynchage du bandit : Aguita Jean

En 1999

La joie de la population après l’assassinat par la masse

Les bandits et leurs acolytes, la population et autres acteurs intervenants dans la commune

La bagarre entre Georges Guédou et le couple Soglo

Mars 2003

Désaccord manifeste entre les deux hommes sur qui comptait le peuple

La classe politique et la population de Zakpota, les partis de la mouvance

 Source : Enquête, PDC-Za-Kpota, 2004

1-1-4 Données socio-démographiques

Selon les statistiques de 2002, la population de la commune de Za-Kpota représente 15% de la population totale du département du Zou derrière la commune de Bohicon (19%).ntre 1992 et 2002. L’évolution de la population entre 1979 et 2002 est  présentée dans le tableau ci-après

 

1979

1992

2002

Population

48.971

70.226

87.076

Hommes

21.948

31.636

39.202

Femmes

27.023

38.580

47.874

Taux de masculinité

0,81

0,82

0,81

Taux d’accroissement          

-

30,26%

19,35%

Taux d’accroissement annuel moyen          

 

2,33%

1,94%

Source : INSAE, 1979, 1992 et 2002

La population de Za-Kpota a augmenté sur toutes les deux périodes, 1979 à 1992 et 1992 à 2002, mais à un rythme décroissant. Le taux d’accroissement annuel moyen a diminué  de 2,33% sur la première période à 1,94% sur la deuxième période.

La répartition par sexe montre qu’en 2002 les hommes représentent 45% et les femmes 55% avec un taux de masculinité de 0.81.

La répartition de cette population par arrondissement est présentée sur la figure ci-dessous

Figure: Répartition de la population de Za-Kpota par arrondissement (Source : INSAE, 2002)

Les mouvements migratoires

La commune de Za-Kpota est soumise à fort taux de migration. En effet, elle enregistre solde migratoire négatif de –1969 selon les données statistiques. Ces soldes, négatifs tant pour la période 1992-2002 que pour la période 1979-1992, traduisent une perte croissante de personnes, de ressources humaines susceptibles de propulser le développement de la commune. Cette situation est confirmée par les résultats de l’enquête sur le terrain qui révèlent que les émigrations sont de loin supérieures aux immigrations.

Cette situation pourrait s’expliquer par les déplacements massifs qui ont lieu dans la commune de Za-Kpota entre 1992 et 2002.

Les milieux d’accueil des migrants se situent surtout vers les Collines ( Savè, Savalou, Ouèssè, Dassa, Glazoué et Tchêti) où la disponibilité relative et la fertilité de terres cultivables sont favorables à la production agricole ou vers des  centres urbains ( Bohicon, Parakou, Cotonou, voire Abidjan (en Côte d’Ivoire) et Ghana pour des activités commerciales (en ce qui concerne les femmes) et des activités non agricoles et lucrative comme la conduite des motos Zémidjan (pour les hommes). La principale raison évoquée par la population pour expliquer ces types de migrations est le manque total de sources d’emploi dans la commune